La Méditerranée antique

Connaissances

La Méditerranée antique : les empreintes grecques et romaines

 

Comment les contacts entre des espaces situés tout autour de la Méditerranée ont-ils permis la constitution d’une culture antique commune ?

 

À partir du VIIIe siècle av. J.-C., les contacts se multiplient entre les populations qui vivent tout autour de la Méditerranée. Ces rapports sont parfois violents, engendrant des conflits restés fameux : la mythique guerre de Troie, les guerres médiques entre des cités grecques coalisées et la Perse, ou encore les guerres puniques où s’affrontent deux grandes puissances méditerranéennes, Rome et Carthage. Mais ces contacts sont aussi pacifiques : les navires marchands naviguent à la belle saison sur cette « mer du milieu » qui devient un véritable carrefour commercial. Naît de ces rencontres une culture commune dont les traces sont encore visibles aujourd’hui.

 

I. L’hégémonie athénienne sur le monde grec

Comment Athènes réussit-elle à construire un empire maritime ?

 

1. Le monde grec en Méditerranée

 

A. Un monde de cités

 

  • La Grèce est un pays méditerranéen situé au sud-est de l’Europe. Depuis le VIIIe siècle avant J.-C., elle est divisée en petits États indépendants les uns des autres, les cités*.
  • Entre le VIIIe et le VIe siècle avant J.-C., de nombreux Grecs quittent leur cité et en fondent de nouvelles sur les rives de la Méditerranée et autour de la mer noire. Les premières cités. Au VIIIe siècle av. J.-C. apparaissent en Grèce les premières cités, formées par regroupement de plusieurs villages : c’est le cas d’Athènes vers 750 av. J.‑C. Ils partent parce qu’ils sont trop pauvres, en désaccord avec leur gouvernement ou parce qu’ils recherchent l’aventure. La Méditerranée devient un « lac grec ».
  • Au même moment, des cités grecques commencent à fonder des colonies* dans toute la Méditerranée, de l’Espagne à la mer Noire en passant par l’Afrique du Nord. Athènes ne fait pas partie de ces métropoles* et préfère se concentrer sur son territoire proche, l’Attique. La thalassocratie* devient le fondement de la puissance athénienne.
  • Les cités grecques ont des régimes politiques variés : oligarchies, tyrannies, démocratie*. Elles se font souvent la guerre, en général pour agrandir leur territoire. Vers 500 avant J.-C., les cités les plus puissantes sont Athènes, Sparte et Thèbes.

 

B. L’unité culturelle et religieuse

 

  • La culture grecque, dont les textes d’Homère sont l’un des fleurons, se forge au contact des autres populations méditerranéennes. L’alphabet grec, dérivé de l’alphabet phénicien apparaît au VIIIe siècle av. J.-C..
  • Les Grecs sont divisés politiquement mais ils partagent une même culture :  la langue et l’alphabet grec ainsi qu’une œuvre, L’Iliade et l’Odyssée.
  • Les Grecs honorent les mêmes dieux (Zeus, Apollon, Athéna...) et pratiquent les mêmes rites (sacrifices, processions). À date régulière, ils se retrouvent dans les grands sanctuaires panhelléniques* de la Grèce pour y participer à des jeux sportifs et musicaux en l’honneur du dieu du sanctuaire (jeux d’Olympie).

 

2. Athènes : un empire et une démocratie

 

A. La fondation d’un empire maritime

 

  • Au début du Ve siècle avant J.-C., les Perses envahissent la Grèce. Mais ils sont repoussés par Athènes et ses alliées lors des guerres médiques, à Marathon en 490 avant J.-C. puis à Salamine en 480 avant J.-C. et Platées en 479 avant J.-C.
  • Après leurs victoires, Athènes jouit d’un prestige incomparable en Grèce. De nombreuses cités de la mer Égée forment avec elle une alliance et elles lui en confient la direction :  c’est la ligue de Délos (478 avant J.-C.).  Chaque cité de la ligue fournit des navires ou un financement pour équiper une flotte de guerre capable de résister à une nouvelle invasion perse.
  • Mais les Athéniens transportent le trésor de la ligue à Athènes et commencent à en disposer à leur gré. Ils obligent les cités alliées à utiliser la monnaie et les poids et mesures athéniens. Ils y installent des garnisons composées de soldats-colons, les clérouques, et empêchent les alliées de quitter la ligue, si nécessaire en leur faisant la guerre. Au Ve siècle, Athènes fonde ainsi un empire autour de la mer Égée.
  • Athènes développe son commerce avec son empire à partir de son port du Pirée. Elle vend son huile, ses céramiques, et son vin et achète le blé dont elle manque.

 

B. Périclès et démocratie athénienne

 

  • À Athènes, les citoyens sont les hommes, âgés de plus de 18 ans et de parents athéniens, ayant fait leur service militaire, l’éphébie*. Eux seuls peuvent posséder des terres et participer aux décisions politiques. Les femmes n’ont pas de droits politiques, ni les métèques*, qui doivent de plus payer une taxe de résidence. Les esclaves, très nombreux, appartiennent à des particuliers ou à la cité et n’ont aucun droit.
  • Au Ve siècle, le régime politique athénien est une démocratie*, ce qui signifie que le gouvernement est aux mains de l’ensemble des citoyens. L’assemblée des citoyens, l’Ecclésia*, se réunit plusieurs fois par mois sur une colline, la Pnyx, pour voter les lois. Tous les ans, elle élit ou tire au sort les magistrats* qui gouvernent la cité ainsi que les juges de l’Héliée et les membres de la Boulè qui préparent les lois. Les citoyens peuvent bannir de la cité ceux qui risquent de mettre en danger la démocratie en votant l’ostracisme*.
  • La démocratie a été renforcée par Périclès (495-429) qui a été plus de trente fois stratège de 462 à 429 avant J.-C. Il fait donner une somme d’argent, le misthos, aux citoyens qui sont magistrats ou juges, pour permettre aux pauvres de participer à la vie politique. Il leur donne aussi du travail en faisant reconstruire les temples, leur offre l’entrée gratuite au théâtre, leur distribue des terres dans l’Empire. Ainsi, le régime démocratique est apprécié et renforcé, grâce aux ressources de l’Empire.
  • Les réformes de Clisthène (508-507 avant J.-C.) instaurent l’isonomie* et unifient l’Attique.

 

3. Des richesses pour toujours

 

A. Les temples et les sculptures grecs

 

Acropole et pnyx

  • À Athènes, Périclès fait reconstruire les temples de l’Acropole* qui ont été incendiés par les Perses lors des guerres médiques. Le Parthénon, réalisé par Callicratès et Ictinos, appartient à l’ordre dorique. Sur le haut du mur intérieur, la frise des Panathénées de près de 160 mètres réalisées par Phidias, représente la procession qui avait lieu tous les quatre ans vers l’Acropole. Le petit temple d’Athéna Nikè (victorieuse), appartient à l’ordre ionique. Chaque cité a ses temples qui ont laissé des vestiges sur les bords de la Méditerranée.
  • Les Grecs ornent les temples ou les places de nombreuses sculptures. Ce sont des dieux, des héros ou de simples mortels, mais il s’agit surtout de représenter le corps humain dans sa nudité ou couvert d’un léger drapé.

 

B. L’héritage de la pensée grecque

 

  • Les Grecs ont inventé le théâtre en l’honneur du dieu Dionysos. Au Ve siècle avant Jésus-Christ à Athènes, les représentations théâtrales ont lieu lors des fêtes qui lui sont consacrées.  On joue des tragédies ou des comédies. Les grands auteurs de théâtre sont Athéniens : Eschyle, Sophocle, et Euripide pour les tragédies, Aristophane pour les comédies.
  • Les Grecs sont aussi à l’origine d’une pensée plus rationnelle que celle des civilisations qui les précèdent. Les philosophes essaient de comprendre l’homme et le monde : les plus célèbres sont Socrate et Platon qui ont vécu au Ve siècle avant Jésus-Christ et Aristote au siècle suivant. Les Grecs ont aussi inventé les mathématiques, en particulier la géométrie (Pythagore, Euclide). En médecine, Hippocrate est le premier à affirmer que toutes les maladies sont naturelles et que les dieux n’en sont pas responsables.
  • Hérodote (480-425 avant J.-C.) peut être considéré comme le père de l’Histoire mais dans ses récits, les détails légendaires ou merveilleux tiennent encore une grande place. Thucydide (465-395 avant J.-C.) recherche la vérité historique en croisant les informations et les témoignages.

 

 

II. La domination romaine sur la Méditerranée antique

Comment la petite cité-État de Rome est-elle devenue en quelques siècles un immense empire s’étendant sur toute la Méditerranée ?

 

 

1. Rome à la conquête d’un empire

 

A. La République romaine

 

  • Rome est une cité latine du Latium, en Italie, qui a d’abord été dirigée par des rois Étrusques. En 509 avant J.-C., les Romains chassent le roi Tarquin par une révolution et fondent une République.
  • Les institutions politiques de la République évoluent pour se fixer au IIIe siècle avant J.-C. Les citoyens réunis en comices, votent des lois, et élisent les magistrats qui dirigent la cité. Le Sénat, composé d’anciens magistrats, contrôle les dépenses, dirige la politique extérieure et surveille l’action des magistrats.

 

B. Les conquêtes romaines et les guerres civiles

 

  • Les Romains combattent d’abord les peuples voisins.  À la fin du IIIe siècle avant J.-C., ils occupent la péninsule italienne. Puis ils affrontent Carthage, qui domine l’Afrique du Nord, au cours de trois guerres puniques, de 264 à 146 avant J.-C..
  • Après leur victoire contre Carthage, les Romains font la conquête progressive du bassin méditerranéen. De 58 à 52 avant J.-C., Jules César s’empare de toute la Gaule après avoir battu Vercingétorix à Alésia en 52 avant J.-C.. Au cours du Ier siècle avant J.-C., soutenus par leurs légions, les généraux victorieux se disputent le pouvoir lors des guerres civiles. En 49 avant J.-C., après sa victoire en Gaule, César l’emporte contre Pompée et prend le pouvoir à Rome. Mais le 15 mars 44, il est assassiné par des républicains qui craignent le retour de la monarchie.

 

C. Octave fonde un nouveau régime, l’Empire

 

  • Après la mort de César, son fils adoptif Octave, l’emporte contre son rival, Antoine, qu’il bat à Actium en 31 avant J.-C..
  • Devenu seul maître, il fonde un nouveau régime, le Principat ou Empire en 27 avant J.-C.. Il reçoit du Sénat le titre d’Auguste qui lui donne un caractère sacré et se fait octroyer par celui-ci des magistratures et des titres qui lui donnent les pouvoirs politique, militaire et religieux. À sa mort, il est divinisé et son fils adoptif, Tibère, lui succède.
  • Les successeurs d’Auguste s’appuient sur une administration impériale de plus en plus étoffée. Par ailleurs, ils instituent un culte impérial à Auguste et à Rome dans les provinces.

 

2. La Méditerranée romaine

 

A. La paix romaine favorise les échanges.

 

  • Jusqu’au début du IIe siècle, les empereurs agrandissent l’Empire mais ensuite ils cherchent surtout à le protéger des barbares. Les légions sont déployées près du limes et là où il n’y a pas de limites naturelles, le limes est fortifié. L’Empire est composé de provinces placées sous l’autorité de gouverneurs nommés par l’empereur ou par le sénat. Les provinciaux paient de lourds impôts mais Rome assure la paix et la sécurité et laisse aux cités une large autonomie de gestion.
  • Le commerce se développe dans l’Empire. Les marchandises sont transportées par les voies fluviales et maritimes mais les empereurs font aussi construire les voies romaines, qui facilitent les déplacements des légions et des marchands. Les échanges mettent en contact les différentes provinces mais aussi la Méditerranée avec l’Asie orientale (Inde, Chine) et l’Afrique subsaharienne. Des Romains et des pérégrins créent de grands domaines agricoles, les villae, dont la production est en partie vendue.

 

B. La romanisation incomplète des populations

 

  • Dans les territoires conquis, Rome fonde de nouvelles villes, surtout en Occident et en Afrique du Nord et les autres se développent. On y construit des lieux et monuments romains (forum, amphithéâtre, cirque…) et elles sont administrées par des magistrats élus et un sénat composé d’anciens magistrats, comme à Rome.
  • Les populations des villes se romanisent. Elles utilisent la langue latine (tout en conservant leur langue locale), adoptent les loisirs et le mode de vie des Romains. Mais la romanisation est plus faible dans les campagnes et les régions peu urbanisées. En Orient, où les villes sont anciennes, la culture et la langue grecque se maintiennent et le grec est la langue administrative officielle à côté du latin.
  • Avec l’assimilation des provinciaux, la citoyenneté romaine se répand. Les empereurs l’accordent aux pérégrins les plus méritants, puis, au IIe siècle, ils la donnent à des cités entières. Enfin, elle est octroyée à tous les hommes libres de l’Empire par l’édit de Caracalla en 212.

 

C. Le brassage religieux en Méditerranée

 

  • Après la conquête romaine, les provinciaux ont adopté les dieux gréco-romains, qu’ils mêlent souvent aux dieux locaux (Cernunnos en Gaule) donnant naissance à un syncrétisme religieux. Les cultes orientaux de Cybèle, Isis et Mythra ont un grand succès et se diffusent dans l’Empire par l’intermédiaire des marchands et des soldats. Le judaïsme et le christianisme ont un statut à part en raison de leur monothéisme. Le christianisme s’étend mais les chrétiens sont persécutés par les empereurs car ils rejettent le culte impérial.

 

3. Christianisation et invasions

 

A. L’empereur Constantin, ouvre une ère de changements

 

  • Au IIIe siècle, les barbares menacent les frontières et les Germains pénètrent dans l’Empire. Les soldats nomment et déposent les empereurs à leur gré. En 330, l’empereur Constantin (306-337) réunifie momentanément l’Empire et inaugure une deuxième capitale, Constantinople, pour pouvoir mieux protéger les frontières orientales.
  • Malgré les persécutions, le christianisme progresse au IIIe siècle. En 313, Constantin permet aux chrétiens de célébrer publiquement leur culte (édit de Milan). Puis il convoque un concile en Asie Mineure, à Nicée, qui fixe le dogme chrétien, le Credo, en 325.

 

B. L’Empire devient chrétien et envahi

 

  • Après le règne de Constantin, le christianisme connaît un développement rapide. En 380, l’empereur Théodose en fait la religion officielle de l’Empire puis il interdit tous les cultes païens (sacrifices…). Le christianisme devient donc la seule religion autorisée.
  • En 395, pour faciliter la défense des frontières, Théodose décide de partager l’Empire entre ses deux fils : ainsi naissent l’Empire romain d’Orient et l’Empire romain d’Occident. Mais en 406, les Germains, poussés par les Huns, franchissent le Rhin et s’installent dans l’empire d’Occident où ils forment des royaumes : ce sont les grandes invasions. En 476, le dernier empereur d’Occident, Romulus Augustule, est renversé par un chef germanique, Odoacre. Seul l’Empire romain d’Orient subsiste, avec Constantinople pour capitale.

 

 

Questions problématisées

Dans quelle mesure l’empire athénien a-t-il permis à Athènes de renforcer son régime démocratique au Ve siècle avant J.-C. ?

INTRODUCTION │ Athènes est une cité qui s’étend sur l’Attique au sud-est de la Grèce. Au Ve siècle avant J.-C., elle parvient à créer un empire en établissant sa domination sur la mer Egée. Durant cette période, Athènes renforce aussi sa démocratie, un régime politique où le pouvoir est aux mains des citoyens. Dans quelle mesure l’empire athénien a-t-il permis à Athènes de renforcer son régime démocratique au Ve siècle avant J.-C. ?

 

DEVELOPPEMENT

PARTIE I │ Au Ve siècle avant J.-C., Athènes crée un empireAu début du siècle, Athènes repousse les Perses qui cherchent à envahir la Grèce, à Marathon (-490) puis à Salamine (-480) et Platées (-479). Après ces guerres médiques, Athènes s’associe aux cités de la mer Egée dans une grande alliance, la ligue de Délos. Chaque cité doit fournir des navires ou de l’argent pour entretenir une flotte capable de repousser une invasion perse. Mais Athènes établit rapidement sa domination sur les cités de la ligue. Elle transporte le trésor de la ligue sur l’Acropole et détourne l’argent à son profit. Elle force les cités alliées à utiliser la monnaie et les poids-et-mesures athéniens, ce qui lui permet de développer son commerce. Enfin elle installe des garnisons et des colons athéniens (les clérouques) dans les cités pour empêcher ces dernières de quitter la ligue. On peut donc parler d’empire car les cités alliées lui doivent obéissance.

PARTIE II │ Tout en fondant un empire, Athènes renforce son régime démocratique. Au début du siècle, les citoyens disposent du pouvoir politique. Réunis à l’Ecclésia, ils font les lois et élisent ou tirent au sort parmi eux les magistrats qui dirigent la cité. Ils siègent à l’Héliée, pour rendre la justice, et à la Boulè, pour préparer les lois. Les magistrats les plus puissants sont les stratèges élus tous les ans qui dirigent l’armée et sont les chefs de gouvernement. La démocratie est protégée par la procédure d’ostracisme, qui permet de bannir pour dix ans tout citoyen qui représente un danger pour elle. De 462 à 429, Périclès est élu plus de trente fois stratège. Il utilise l’argent de la ligue de Délos pour renforcer la démocratie. Il fait verser par la cité une indemnité, le misthos, à tous ceux qui sont juges de l’Héliée, magistrats ou membres de la Boulè et permet ainsi aux plus pauvres de participer à la vie politique. Il fournit aussi du travail aux Athéniens en faisant reconstruire les temples de l’Acropole, leur offre des loisirs (théâtre), ce qui rend la démocratie très populaire.

PARTIE III │ La démocratie a donc bien été renforcée grâce à l’empire et ses ressources : mais elle reste cependant incomplète. La majorité des habitants est composée de non-citoyens : les femmes n’ont pas de droits politiques, ni les métèques (les étrangers domiciliés à Athènes) qui doivent en outre payer une taxe de résidence. Les esclaves, sans aucun droit, sont très nombreux. De plus, la citoyenneté athénienne est réservée à ceux dont les parents sont tous les deux Athéniens et il est presque impossible de l’obtenir par d’autres moyens. La démocratie reste donc limitée à un nombre de citoyens réduit.

CONCLUSION │ Au Ve siècle avant J.-C., Athènes a étendu sa domination sur la mer Égée, créant un empire. Grâce aux ressources de celui-ci, Périclès a pu renforcer le régime démocratique. Cette démocratie reste cependant incomplète puisque de très nombreux habitants en sont exclus.

Comment s’est transformé l’espace méditerranéen durant la « paix romaine » (Ier-IIIe siècles) ?

INTRODUCTION │ À partir du Ier siècle, l’empire romain est dirigé par un empereur qui dispose de tous les pouvoirs. L’empire s’étend tout autour de la Méditerranée et son expansion continue jusqu’au IIe siècle mais dès le premier siècle, à l’intérieur de ses frontières, l’empire est en paix. Durant la paix romaine, l’espace méditerranéen se transforme. Comment s’est transformé l’espace méditerranéen durant la « paix romaine » (Ier-IIIe siècles) ?

DEVELOPPEMENT

PARTIE I │ Sous l’empire romain, les pays qui bordent la Méditerranée sont en paix et prospères. Après la période des conquêtes, il s’agit surtout de protéger l’empire des peuples barbares (extérieurs à l’empire) qui le menacent : les Germains à l’Ouest, des Parthes à l’est. Le limes - la frontière de l’empire romain - est protégé par des fleuves ou fortifié, et protégé par des légions. L’empereur lève de lourds impôts mais il laisse une grande autonomie aux cités qui sont dirigées par les citoyens de la cité selon le modèle de Rome. Les gouverneurs romains des provinces interviennent surtout pour résoudre les problèmes financiers des cités ou juger les crimes. Avec la paix romaine, l’empire devient prospère. Dans les campagnes, les Romains et de riches provinciaux créent de grands domaines agricoles, les villae. Le commerce se développe entre les provinces par les fleuves ou la voie maritime mais profite aussi des nouvelles voies romaines. La Méditerranée devient donc un lieu d’échange commercial. Rome, immense capitale, reçoit des produits de toute la Méditerranée.

PARTIE II │ Durant la paix romaine, les pays qui bordent la Méditerranée se romanisent inégalement. Rome fonde des villes nouvelles et les autres se développent. On y construit des monuments romains sur le modèle de ceux de Rome : aqueducs, temples, thermes… Peu à peu, le mode de vie romain se diffuse auprès des populations, en commençant par les riches citadins. La citoyenneté romaine est largement distribuée par l’empereur. Elle est d’abord donnée aux magistrats des cités, puis à des cités entières et enfin à tous les hommes libres de l’empire (édit de Caracalla, 212). Cependant la romanisation a des limites. Les régions peu urbanisées sont peu romanisées (ouest de la Mauritanie). L’est de la Méditerranée reste de culture grecque et la langue de communication y est le Grec.

PARTIE III │ La paix romaine permet enfin un grand brassage des religions méditerranéennes. Les dieux romains sont adoptés dans les villes du pourtour méditerranéen. Les habitants des provinces rendent aussi un culte à l’empereur et à Rome : le culte impérial. Mais les populations associent souvent leurs croyances et leurs dieux à ceux des Romains (Cernunnos en Gaule). Les cultes venus d’Orient se répandent aussi dans l’empire par les marchands et les soldats, y compris à Rome (Cybèle, Mithra, Isis). Deux religions monothéistes gagnent l’empire : le judaïsme, par la diaspora juive, et le christianisme. Ce dernier est combattu par période par les empereurs car ses adeptes rejettent le polythéisme romain et le culte impérial, mais il se développe malgré tout.

CONCLUSION │ Ainsi durant la paix romaine, les échanges se sont accrus dans l’empire. Rome a installé sa civilisation sur les bords de la Méditerranée, avec des nuances selon les régions. La paix romaine permet aussi un grand brassage religieux qui prépare l’expansion du christianisme.

Vocabulaire

Une cité grecque : un petit État indépendant comprenant une ville principale et le territoire qui l’entoure. Elle possède son propre régime politique et ses lois.

La démocratie, du grec démos (peuple) et kratos (pouvoir) : un régime politique où le pouvoir appartient à l’ensemble des citoyens.

La thalassocratie : puissance fondée sur la domination des mers

Une cité : communauté de citoyens partageant les mêmes lois et vivant sur un même territoire, généralement formé d’une ville (astu) et de sa campagne.

La philosophie, du grec philo (amour) et sophia (savoir) : la recherche de la vérité.

L’Ecclésia (mot grec) : l’assemblée des citoyens.

Un magistrat : à Athènes, nom donné à une personne qui dirige ou administre l’État. Il est élu ou tiré au sort pour un an.

L’Acropole, du grec akros (élevé) et polis (cité) : la colline sacrée de la ville d’Athènes.

Les Grandes panathénées : les fêtes qui avaient lieu tous les quatre ans en l’honneur d’Athéna. Elles s’achevaient par une grande procession jusqu’à l’Acropole et des sacrifices.

Le misthos : l’indemnité versée aux citoyens devenus magistrats, juges de l’Héliée ou membres de la Boulè.

L’ostracisme : le renvoi d’un citoyen hors de la cité pour une période de dix ans, voté par l’assemblée des citoyens.

L’éphébie : le service militaire que doivent faire les jeunes Athéniens de 18 à 20 avant d’obtenir la citoyenneté.

Un métèque, du grec meto (qui a changé) et oikos (maison) : un étranger autorisé à résider sur le territoire de la cité, moyennant le versement d’une taxe de résidence (le métoikon)

Un sanctuaire panhellénique, du grec pan (tout) et hellen (grec) : un sanctuaire de la Grèce dans lequel les Grecs issus de différentes cités honorent en commun le ou les dieux du sanctuaire.

Une colonie : cité autonome fondée hors du monde grec par les habitants d’une cité grecque (la cité mère ou métropole).

Une métropole : la cité-mère par rapport à ses colonies, d’où sont originaires les premiers colons.

L'isonomie : égalité de droits (pour les citoyens).

 

 

La romanisation : l’adoption de la langue latine, du mode de vie, de la religion des Romains.

Le Principat (ou Empire) : nom donné au régime politique fondé par Octave en 27 avant J.-C.

Pax Romana (« Paix romaine ») : longue période de paix et de prospérité que connaît l’empire romain aux Ier et IIe siècles apr. J.‑C.

Les barbares : nom donné aux peuples étrangers à la civilisation gréco-romaine.

Un concile : une assemblée d’évêques

Le culte impérial : le culte de l’empereur associé à celui de Rome.

Auguste : titre honorifique décerné par le sénat à Octave en 27 avant J.-C. qui lui donne un caractère sacré. Tous les empereurs le porteront.

Les légions : une unité de l’armée romaine qui comprend de 4 000 à 5 000 hommes

Le limes :  la frontière de l’Empire romain fortifications construites pour défendre certaines frontières de l’empire, notamment en Bretagne (mur d’Hadrien) et en Germanie.

Un païen : une personne qui pratique une des religions polythéistes de l’Antiquité.

Un pérégrin : un homme libre d’une province romaine qui n’est pas citoyen romain.

Le Principat : une forme de gouvernement mise en place par Auguste, qui conserve les institutions républicaines (sénat, consuls par exemple) mais donne tout le pouvoir à l’empereur. Il est princeps senatus, le premier sénateur, c’est pourquoi on appelle ce régime le Principat

L’Empire, du mot latin imperium(pouvoir) : mot qui désigne à la fois le régime politique fondé par Octave et l’ensemble des territoires contrôlés par Rome.

Res Publica : « chose publique » en latin, elle désigne l’État romain, quel que soit le régime politique de Rome.

Consuls : les deux consuls, élus pour un an, sont les magistrats les plus importants de Rome. Ils donnent leur nom à l’année en cours.

Monarchie : régime politique où le pouvoir est détenu par un roi.

Pour réviser

Pour réviser l'hégémonie d'Athènes sur le monde grec

https://learningapps.org/view14021915

https://www.quiziniere.com/#/Exercice/B7236Y

Pour réviser la domination romaine sur la Méditerranée antique

https://learningapps.org/view14235836

Pour réviser les grandes notions

https://learningapps.org/view14236016

-

6 votes. Moyenne 4.50 sur 5.

Date de dernière mise à jour : 15/10/2020