La prise de la Bastille
A la fin du XVIIIe siècle, la France traverse une crise financière, sociale et économique. Le roi Louis XVI décide de convoquer les Etats généraux.
[ développement ]
La séance d’ouverture des Etats généraux a lieu le 5 mai 1789 à Versailles. Mais le roi Louis XVI n’annonce aucune réforme profonde. Très déçus, les députés du Tiers-Etat se proclament Assemblée nationale. Le roi de France renvoie Jacques Necker, le ministre des finances pourtant favorable au peuple. Le 14 juillet 1789, une rumeur circule dans la ville selon laquelle le roi Louis XVI s'apprêterait à disperser par la force les députés réunis à Versailles. Dès le matin, quelques milliers de gens en colère s'attroupent et se dirigent vers l'hôpital des Invalides où elles s'emparent de fusils, puis vers la Bastille, censée contenir de la poudre. La Bastille est une forteresse impressionnante mais peu remplie de prisonniers ni très défendue en troupes. C’est surtout le symbole du pouvoir absolu et l’arbitraire du roi. Une délégation est envoyée pour y exiger le retrait des canons mais surtout de la poudre. C’est au fil des négociations que la tension monte. Le gouverneur de Launay accepte de retirer ses canons, accusés de menacer le peuple parisien. Puis ses hésitations dans les négociations commencent à agiter la foule, qui demande maintenant la reddition de la forteresse. La foule, venant des Invalides, commence à être nombreuse. Les troupes du gouverneur ont dû se replier dans la prison même laissant les assaillants prendre les deux cours extérieures. La colère monte d’un cran lorsque la garnison et ses troupes suisses ouvre le feu sur la foule, sans doute par dissuasion. Sous la direction de Hulin, les Parisiens arrivent au pied de la Bastille vers 15h30 avec quelques canons. Le combat continue. Finalement, le gouverneur de Launay est capturé puis exécuté. Le boucher, Desnot, est chargé de le décapiter et sa tête est brandie au bout d’une pique. La Bastille est pillée toute la nuit. Ces violences, que le roi n'ose pas sanctionner, marquent le début de la Révolution française. Pourtant, Louis XVI aurait écrit : « 14 juillet : rien ». C’était en réalité son journal de chasse. Les conséquentes sont immédiates : le 16 juillet, le roi doit rappeler Necker et le 17 juillet, il doit s’engager à porter la cocarde tricolore.
[ conclusion ]
Un an plus tard, le 14 juillet 1790, la Fête de la Fédération scelle la réconciliation du roi, des députés et du peuple. Mais cette réconciliation sera de courte durée... Depuis 1880, le 14 juillet est fête nationale.
Une France nouvelle
A la fin du XVIIIe siècle, la France traverse une crise financière, sociale et économique puis politique. La France connait d’ailleurs plusieurs régimes politiques : une monarchie constitutionnelle (1789-1792), une république (1792-1799), un consulat (1799-1804) et un empire (1804-1815).
D’un point de vue politique, depuis la Révolution, les Français ne sont plus des sujets, mais des citoyens possédant des droits (liberté d’expression, de presse, de culte...). La nation devient peu à peu souveraine. Les pouvoirs sont séparés. La vie politique se développe, avec la création de clubs. C’est la naissance d’une opinion publique avec la multiplication d’organes de presse, de pétitions ou de mouvements politiques. Les députés élus par les citoyens débattent à l’Assemblée. Les citoyens ont aussi des devoirs, comme la conscription.
D’un point de vue économique et social, le libéralisme économique s’installe. Les droits de douanes sont supprimés et pour simplifier les échanges, le système de poids et mesures est unifié (mètres, grammes, litres...). Le franc germinal et la banque de France sont créés par Napoléon sous le Consulat. Par contre, les syndicats (Loi Le Chapelier en 1791) et les grèves sont interdits. Le code civil instaure l’égalité des droits. Les femmes obtiennent le droit au divorce, mais demeurent inférieures aux hommes (pas de droit de vote, obéissance au mari...). L’administration du pays est unifiée, la centralisation est renforcée. Le territoire est divisé en communes et en départements, avec à leur tête un préfet nommé par l’Etat. De plus, l’impôt est proportionnel à la fortune. Enfin, l’égalité s’exerce aussi devant les tribunaux : les juges sont rémunérés, la torture est supprimée.
D’un point de vue culturel et religieux, l’église catholique est dominante mais la liberté religieuse, établie par la D. D. H. C. le 26 août 1789, est confirmée par le Concordat de 1801. L’influence de l’Eglise catholique est réduite par des mesures de déchristianisation : l’état civil est créé et le mariage civil est instauré. L’Eglise n’a plus le monopole de l’école ; des lycées publics, mis en place par Napoléon, forment les fonctionnaires de l’Etat.
La France de la Révolution et de l’Empire est marquée par de nombreuses transformations, aussi bien politiques (avec pas moins de quatre régimes), économiques et sociales que culturels et religieux. Après la seconde abdication de Napoléon, le 22 juin 1815, la monarchie est de retour : c’est la Restauration. Le roi Louis XVIII, frère cadet de Louis XVI, monte sur le trône.