Risques et tensions sur les ressources

Connaissances

Q1. Les sociétés face aux risques

Comment les sociétés s’adaptent-elles à des risques toujours plus forts et nombreux ?

 

A. Aléas, risques, enjeux

Le risque* désigne un aléa* susceptible de toucher une société : un tsunami est un aléa s’il s’abat sur un littoral vide ; la probabilité qu’il frappe l’Indonésie ou le Japon en fait un risque.

La gravité du risque se mesure en termes d’enjeux humains et économiques. Selon l’ONU, c’est une catastrophe lorsqu’il provoque au moins trente victimes et d’importants dégâts matériels.

Les risques naturels sont liés aux aléas naturels. On distingue les risques climatiques (cyclones, inondations, sécheresses) et les risques telluriques (séismes, tsunamis, éruptions volcaniques).  Liés à l’action humaine, les risques technologiques peuvent être diffus, comme la pollution, ou accidentels (explosion de site industriel, rupture de barrage, marée noire).

 

B. Une exposition et une vulnérabilité accrues

 

L’exposition des sociétés aux risques s’accroît. Le développement rend possible des catastrophes combinant risques naturels et technologiques (Fukushima, 2011). Les enjeux augmentent avec l’intensification des activités humaines et des densités de population.  Le  transport aérien,  par exemple, peut entraîner la diffusion des épidémies. Les risques sont plus dévastateurs dans les espaces de fortes densités (villes, grandes vallées, littoraux).

Le changement climatique* accroît la fréquence et l’intensité des risques climatiques comme les cyclones, les sécheresses et les canicules

 

C. Développement et vulnérabilité

 

La vulnérabilité varie d’une société à une autre : des séismes de magnitude 8 ont fait 8 700 morts au Népal en 2015 (PIB/hab. : 2 443 $), 200 au Mexique (PIB/hab. PPA : 17 336 $) en 2017. Plus une société est pauvre et inégalitaire, plus elle est vulnérable. La méconnaissance du risque favorise les erreurs d’aménagement (urbanisation des zones très exposées). L’insuffisance des politiques de prévention et de gestion accroît la vulnérabilité et limite la résilience*.

Les pays faiblement développés sont très vulnérables. Entre 1995 et 2014, ils ont subi un quart des catastrophes naturelles, mais totalisé les 9/10es des pertes humaines. Les dégâts matériels y sont moindres, mais la catastrophe accentue la pauvreté. En 2013, le typhon Haiyan plonge près d’un million de Philippins dans la pauvreté. Ces pays sont très vulnérables face à l’accroissement des risques générés par le changement climatique.

L’industrialisation des pays émergents accroît les risques technologiques, du fait de normes de protection moins strictes.

Dans les pays riches, les dégâts matériels sont importants, mais la population est souvent assurée. Des dispositifs efficaces de prévention et de gestion des risques limitent le nombre des victimes et, associés aux assurances et à l’aide de l’État, accroissent la résilience. Les pauvres de ces pays restent néanmoins plus vulnérables.

 

Q2. Des ressources majeures sous pression : l’eau et l’énergie

 

A. Des ressources indispensables

 

Eau et énergie nous sont indispensables. L’eau douce répond à des besoins quotidiens : boisson, cuisine, hygiène. Sans elle, l’agriculture est impossible.  Base majeure du développement économique et humain, l’énergie permet de cuisiner, de se chauffer, de s’éclairer, de se déplacer.

L’eau est abondante, mais inégalement répartie. L'eau disponible dans le monde, 5 700 m3 par habitant et par an, couvre théoriquement nos besoins.  Mais sa répartition varie en fonction des climats.  Très rare en milieu aride (Sahara), elle abonde en climat équatorial (Amazonie). Sa disponibilité varie selon les saisons, les années. Le changement climatique entraîne une augmentation des sécheresses et des inondations. Il y a pénurie si la disponibilité est inférieure à 1 000 m3/hab./an, stress hydrique si elle est comprise entre 1 000 et 1 700 m3/hab./an.

L’abondance et la répartition des ressources énergétiques sont variables. Les énergies renouvelables sont abondantes, mais leur répartition dépend du climat. Les énergies fossiles sont très inégalement réparties : certains pays en regorgent (pays du Golfe, Russie), d’autres n’en ont pas du tout.

 

B. Pression accrue et tensions sur les ressources

 

L’essor de la consommation mondiale d’eau et d’énergie est lié à la croissance démographique et économique, à l’élévation du niveau de vie et à l’évolution des modes de vie (mobilité). Depuis 1900, la demande d’énergie a été multipliée par 13 ; depuis 1973, par 2.

Cette pression entraîne un risque de pénurie et pose le problème de l’accès aux ressources. L’exploitation de gisements de pétrole dans des conditions difficiles, d'aquifères profonds, la diminution de la disponibilité en eau et sa pollution renchérissent leur prix. Les tensions géopolitiques se multiplient pour l’accès aux gisements off-shore ou pour le partage de l’eau des grands fleuves (Nil, Mékong, Euphrate).

La pression sur les ressources contribue à la dégradation de l'environnement. L’exploitation excessive des nappes d’eau provoque leur salinisation (augmentation de leur teneur en sel). Le recours massif aux énergies fossiles (85 % de la consommation) génère des risques à l’échelle locale (marée noire, pollution) et globale (réchauffement climatique).

 

C. Ressources et diversité des sociétés

 

L’accès aux ressources est conditionné par le niveau de développement.

Dans les pays en développement, résoudre les difficultés d’accès à ces ressources est un enjeu majeur du développement, même dans des pays bien pourvus. Au Nigeria, pays pétrolier, 40 % de la population n’a pas accès à l’électricité.

Dans les pays émergents et développés, les risques de pénurie existent en raison d’un niveau de consommation en croissance ou très élevé, en eau comme en énergie. Source de tensions, la dépendance énergétique entraîne l’augmentation des prix mondiaux, aux dépens des populations pauvres.

 

Q3. Vers la transition écologique

Developp durable autre

Vocabulaire

Aléa : phénomène naturel ou technologique plus ou moins probable sur un espace donné.

Catastrophe : concrétisation du risque qui provoque des victimes et des destructions.

Risque : phénomène qui peut présenter un danger pour les hommes. Souvent exprimé sous la formule Risque = aléa x vulnérabilité.

Changement climatique : transformation durable du climat, en cours de réchauffement, résultant en partie des activités humaines, plus particulièrement de l’utilisation massive des énergies fossiles.

Transition énergétique et environnementale (ou écologique) : période d’adaptation qui doit conduire à une utilisation des ressources (énergie, eau, etc.) plus rationnelle et respectueuse de l’environnement

Stress hydrique : situation dans laquelle la demande en eau dépasse les ressources en eau disponibles.

Énergies fossiles : énergies non renouvelables produites à partir d’hydrocarbures (pétrole, gaz) ou de charbon stockés dans le sous-sol.

 

Résilience :  capacité d’un individu, d’une activité, d’une société à s’adapter après une forte perturbation.

Vulnérabilité : fragilité des biens, des personnes ou d’un territoire. Elle dépend de leur capacité de résistance à un risque.

biodiversité : (contraction de biologique et diversité) diversité des êtres vivants et des écosystèmes

Efficacité énergétique : utilisation de moins d’énergie pour fabriquer le même produit ou obtenir le même service grâce aux progrès techniques et à l’innovation.

 

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Date de dernière mise à jour : 26/11/2020